Chapitre III
-Bon, tu me dis ce qu'il se passe?, vint un jour de juin demander Louise à Naa qui nettoyait ses armes à côté de Lulu qui bouchonnait Vachnou, tu m'évites depuis un moment!
-Peut-être, répondit Naa tout en continuer ce qu'elle faisait.
-Explique toi Naa!
Au lieu de répondre, la jeune femme siffla son chien et rentra dans sa petite caverne qui lui servait de toit. Elle en ressortit habillée d'un ensemble d'homme de cuir et de couleur noir. C'était une couturière qui vivait à la cour des miracle qui le lui avait fait. Il se composait d'une chemise blanche, d'un corset noir et vert, d'un pantalon noir et de bottes de la même couleur.
-Pardonne moi, je dois aller chercher ma cape.
Et elle s'en fit chez la couturière qui lui donna la cape ainsi que de fourreaux pour ses épées. La cape était ainsi faite que l'on ne pouvait pas voir les armes. Les bottes elles-aussi cachaient deux coutelas. Elle avait l'air d'une guerrière sortie d'un autre temps. Elle remercia la jeune femme, prit les harnais que lui tendait Lulu et sortit.
-Ne lui en veut pas Louise, dit le jeune garçon à la jeune femme surprise. Elle est très déçu et affectée par le gouffre qui se forme autour de vous. Cela fait quelques temps qu'elle est comme ça. Même à moi, elle me parle comme ça. Elle doit avoir un chagrin énorme qu'elle cache.
-Est-ce que tu sais où elle va?
-Non, mais si on se dépêche, on peut la retrouver! Vachou ne peut pas aller bien vite à cause du monde dans les ruelles.
Lulu et Louise se frayaient un chemin à travers la foule nonchalante qui se pressait. Ils rejoignirent très vite Naa qui marchait à côté de son cheval. Lorsqu'ils furent à côté d'elle, elle fit semblant de ne pas les voir.
-Bon, je te laisse avec elle, dit Lulu à Louise, j'ai mes affaires qui m'attendent.
Il avait à peine fini sa phrase qu'il était déjà invisible. Louise se mit à marcher à côté de Naa qui ne la regardait toujours pas. Elles marchèrent ainsi sans parler jusqu'aux remparts. Là, elles s'assirent à même le sol. Louise attendit. Puis explosa:
-Je me demande à présent ce que je suis venue faire ici! Nous sommes devenue des étrangères! On ne se parle plus, on...
-J'avais l'impression que tu me laissais tomber. Et sans toi, je ne sais pas si je serai capable d'aller jusqu'au bout. J'avais peur que tu me trahisses. Tu es toute la journée avec tes dentelles et la Erik!
-Comment as-tu pensé une chose pareille? Au contraire, j'essaye de faire tes affaires! La preuve, demain soir, nous somme invitées ce soir chez les Erik! Pour faire souffrir Charles, il te faudra devenir une de ses intimes! La vengeance est un plat qui est meilleur lorsqu'il est mangé froid, voire même glacé! Je suis toujours partante avec toi, mais il faudrait aussi que tu y mettes du tien. Je t'aides comme je peux et je donne mon maximum!
-Si tu savais comme je t'aime!, cria la jeune femme en pleure en prenant dans ses bras Louise, je me suis sentie humiliée, trahie, alors que j'aurais du être fière de toi! Merci ma douce, merci! Je ne savais pas comment faire pour arriver à mes fins! Tu es un fin stratège en fin de compte! Je t'aime!
-Allons, calme toi ma belle! Tu vas faire peur à ton cheval! Allons donc nous acheter des robes pour demain!
Le lendemain passa très doucement aux yeux des deux jeunes femmes. Lulu et les autres leur avait trouvé une calèche grâce à laquelle elles pourraient être transportées par Vachou, ainsi qu'un cocher, un jeune anglais qui était tout comme les deux jeunes femmes, tombé par hasard dans la Cour des Miracles. La s½ur du Roi de la Cour en était tombée amoureuse, ce qui lui avait valu de revoir sa pendaison à plus tard. Mais depuis, on l'avait prit en amitié, et il faisait partie intégrante de la Cour. De plus, il était le seul à être lettré et rédigeait des poèmes qui plaisaient fort. On avait même trouvé au milieu de toutes les catins présente, une coiffeuse, une ancienne suivante qui avait servi chez une noble qui avait perdu tout son argent aux jeux. Elle était là depuis longtemps mais se tenait au courrant de toutes les modes. Une autre femme se chargea même de leur faire leurs robes, car les couturiers donnaient un délai trop long pour la confection. On chipa donc des mètres et des mètres de tissus pour faire un garde-robe complète aux deux jeunes femmes. Et pendant une nuit et un matin, des dizaines de mains cousirent sans relâche. Et tout fut près pour le départ des deux jeunes femmes. Elles se sentaient quelque peu à l'étroit dans leur robes qui les serraient, mais elles se conduisirent comme deux grandes dames.
Lorsqu'elles arrivèrent à la maison des Erik, tous les attendaient devant la porte de leur maison. Ils semblaient les tenir en haute estime.
Charles Erik était un homme d'une vingtaine d'années qui n'avait pas encore trouvé de femme. C'était une des choses que les deux jeunes femmes ne savaient pas et elles se doutèrent alors que la Mère Erik voyait en une d'elles une bru convenable. Le jeune homme était beau sans l'être. Il avait une de ce virilité que l'on ne trouve généralement que chez les soldats ou les hommes qui travaillaient dans les champs. Il était un peu gras mais pas trop et était d'une timidité qui forçait presque l'admiration. Lui qui était si avenant avec la clientèle se trouvait être un homme plein de réserve une fois en civil, ce qui amusa quelque peu les deux femmes, ce qu'il vit tout de suite.
Le repas fut très simple mais très copieux. La Mère Erik semblait vouloir montrer à ses hôtes que sa cuisine était très généreuses. Et les deux s½urs honorèrent se repas sans se faire prier, oubliant parfois leurs bonnes manières. Elles se sentaient presque comme chez elles, quand elles étaient petites.
Elles rentrèrent fort tard à la Cour des Miracles où tous les attendaient avec impatience. La Cour était beaucoup plus en activité la nuit que le jour. Le vin coulait à flot et les hommes se battaient un peu partout. Mais elles allèrent assez rapidement dans leur caverne où les attendaient Lulu et Atos. Depuis quelques temps, le jeune garçon, dont on ignorait l'âge, logeait chez elle. Et ce soir là, il paraissait vouloir se faire dépuceler par une jeune pute d'une dizaine d'années. Atos faisait le gué devant la caverne et Louise et Naa en furent amusée. Elles laissèrent alors les deux jeunes s'ébattrent en attendant devant le rideau qui servait de porte.
-Et toi, demanda Louise à Naa, quelque peu grisée par le vin qu'elle avait bu pendant la soirée, ça ne te dirait pas de perdre ta fleur?
-Tu as trop bu ma belle, lui répondit –elle en lui donnant un coup de coude, arrête de poser des questions pareilles!
-Et si tu te faisait le jeune Charles?
-Le problème, c'est que je n'arriverai pas à le tuer dans ce cas là! Déjà qu'après cette soirée, je me pose des questions, alors si en plus...
-Il faudrait que tu ais un peu plus de sang froid! Regarde toi, on dirait une mauviette! Tu sais, il faudrait demander à un détrousseur de bourses de te donner des cours!
-Mais je n'ai jamais tué personne de ma vie!
-Tu as bien faillit tuer mon frère!
-Mais je ne l'ai pas fait! C'est bien la preuve que je n'avais pas le courage de le faire!
Louise, excédée par la mauvaise volonté de sa s½ur rentra dans la caverne et en délogea les deux tourtereaux. Naa la rejoignit, pensive.